Comment réussir à travailler avec un collègue toxique tout en restant soi-même ? Les envieux, les indiscrets, les chefaillons et autres tyrans de bureau…
Ça vous parle ?
La plupart des milieux professionnels comptent avec quelques éléments… peu fréquentables. Ils empoisonnent notre quotidien et risquent de développer un manque de confiance en soi.
Ces destructeurs provoquent du stress, de la fatigue mentale, voire des dépressions, chez leurs collègues et collaborateurs. Hélas, on choisit rarement ses collègues et encore moins son manager, sans changer de boutique.
Si vous êtes personnellement confronté à une personne toxique, voici huit conseils pour vous aider à poser des limites et garder le contrôle de la situation. Ils vous seront d’autant plus utiles si vous êtes un tant soit peu réservé, introverti ou hypersensible.
1. Comprendre ce que recherche un collègue toxique
Vous avez décroché le job de vos rêves, ou du moins un poste dans lequel vous évoluez sereinement, jusqu’au jour où l’on vous présente une nouvelle recrue. Votre cocon professionnel devient, très vite, le terrain de jeu d’un « pervers » qui cherche à y asseoir sa domination par des moyens discutables.
Mais vous, que recherchez-vous ?
Nourrissez-vous l’espoir secret qu’avec le temps, vous arriverez à changer les comportements de l’intrus toxique ?
Sinon, vous croyez peut-être que vous allez réussir à le remettre à sa place. Mais autant vous avertir que tous les psychiatres s’accordent à dire que la mission s’avère quasiment impossible.
Que pouvez-vous attendre d’un tel collègue ?
Un caractère égocentré ne change pas. Plutôt insensible aux autres, la personne toxique est et restera avide de reconnaissance et de pouvoir pour longtemps.
Vous avez affaire à un stratège qui peaufine sa technique depuis des années. Il manœuvre pour glaner un maximum de données sensibles parmi les membres de l’équipe qu’il veut asservir. Chaque information lui sera utile pour exercer une emprise sur son entourage.
Votre collègue toxique tisse sa toile invisible en identifiant les leviers utiles. Il se constitue un dossier de toute information utile sur tout son entourage sans vous oublier.
Petite mise en garde
Avant de passer aux signaux d’alerte, il est essentiel néanmoins de parler d’un élément clé : sa responsabilité sur l’emprise qu’une personne toxique peut développer sur soi. En effet, tout le monde ne devient pas victime de ce genre d’interlocuteur.
Comment font-ils pour s’en prémunir ? Ils sont conscients des dynamiques du Triangle de Karpman et sinon, ils tiennent compte de leurs propres limites. Vous êtes au clair avec le piège du triangle dramatique ? Vous connaissez la dynamique victime, bourreau, sauveur et la notion de jeu psychologique ?
Gardons à l’esprit que parfois, nous ne sommes pas conscients de nos propres faiblesses et de nos limites, mais que nous voyons bien l’écharde dans l’œil de nos inerlocuteurs.
Allons donc étudier les signaux d’alerte qui permettent de repérer les personnes toxiques.
2. Repérer les signaux d’alerte
Tout serait plus simple si, dès le premier contact, il était possible de démasquer un individu toxique. Mais ce genre de profil excelle dans l’art de la dissimulation.
Au premier abord, le nouvel arrivé semble avenant.
Il vous est sympathique, et donne envie d’échanger avec lui à la machine à café. Au premier coup d’œil, tous s’accordent pour dire qu’il incarne l’aisance relationnelle. Mais, attention : si beaucoup l’apprécient et que d’autres le détestent tout autant, soyez vigilant ! Vous devriez également vous méfier si votre collègue montre un caractère lunatique.
Change-t-il de comportement en fonction de son interlocuteur ?
En effet, une collègue toxique manipulatrice ajuste son attitude selon son intérêt et son interlocuteur. Elle saura se montrer affable, voire servile avec sa hiérarchie, cassante et méprisante avec ses collègues et collaborateurs.
Est-ce que votre collègue est imprécis, succinct ?
Enfin, faites attention à la manière dont ses demandes sont formulées. Si votre partenaire est malintentionné, il adoptera un style de communication volontairement succinct et imprécis dans le but de vous mettre en défaut. L’assertivité n’est pas son fort et préfère de loin la séduction et la manipulation.

3. Reconnaître un collègue toxique au travail
Alors que certains s’en tiennent à répandre une ambiance maussade et démotivante, d’autres sont beaucoup plus redoutables. Ils agissent avec des intentions bien identifiées :
Le manipulateur
Sa tactique consiste à vous utiliser afin de servir son propre intérêt. Il est passé maître du mensonge par omission, de l’appel à la pitié ou du chantage affectif.
Le compétiteur
Celui-ci joue sur le terrain de la concurrence. Son challenge ? Proposer des projets toujours plus grands, plus rapides et plus performants que les vôtres. Il se complaît dans la surenchère afin de vous épuiser et de vous démotiver.
Le destructeur
Un psychopathe ou un pervers narcissique qui ne connaît ni l’empathie, ni la pitié. Il peut utiliser la violence verbale et se nourrit de vos fragilités.
L’imposteur
Une grande gueule qui ne possède aucune compétence, mais s’approprie vos succès. Fort de son assurance, il réussit à se placer en tête des nouveaux promus… Et, à vous souffler le poste pour lequel vous travaillez d’arrache-pied !
4. Garder ses distances
Protégez-vous
Le premier réflexe à adopter, pour vous préserver de l’emprise de votre collègue, est de vous maintenir à bonne distance. Mais, ne l’ignorez pas pour autant, ou vous risqueriez de vous mettre en défaut vis-à-vis de votre hiérarchie.
Limitez les échanges au strict minimum
N’échangez avec lui que sur les sujets purement professionnels qui vous lient tous les deux. Évitez à tout prix de parler de vous, de vos états d’âme, de vos aspirations et de votre vie privée. À coup sûr, il tentera de transgresser les limites que vous aurez mises en place, mais soyez ferme.
Aucune information n’est anodine
Partez du principe que toute information partagée avec lui sera susceptible d’être utilisée contre vous. Néanmoins, ne vous risquez pas à mentir pour échapper à son influence, ou il usera de la situation contre vous.
Vous êtes libre de la nature de vos relations avec les autres collègues
Vous collaborez à plusieurs sur un projet ? Gardez en tête que vous n’êtes pas tenu d’entretenir les mêmes relations de confiance avec chacun des membres de votre équipe. Soyez discret, car il est en mesure de remarquer toute différence de traitement.
5. Adopter la bonne stratégie face aux attaques d’un collègue toxique
Il est inutile de faire preuve de compréhension comme de penser qu’il serait possible d’amener votre partenaire à revoir son comportement. Il ne changera pas. Aussi, faites preuve de fermeté :
- Répondez à ses questions de manière rationnelle, neutre, au besoin, restez évasif dans vos réponses. Appliquez-vous à mettre un terme à la discussion, sans avoir à vous justifier, dès que cela vous semble nécessaire.
- Ne lui montrez surtout pas que ses paroles, ou ses agissements ont une quelconque emprise sur vous. S’il vous dénigre et tente de vous déstabiliser, conservez votre sang-froid. Mais demandez-lui de préciser ses propos et répliquez fermement de façon factuelle (évitez de vous impliquer émotionnellement dans vos réponses).
Si vous souhaitez aller plus loin et découvrir comment neutraliser efficacement une personne toxique sans entrer en conflit, cet article vous propose des stratégies éprouvées : Comment déstabiliser une personne toxique sans lui donner de prise.”
- Ne vous soumettez pas à ses requêtes si l’envie lui prend de jouer les chefaillons. Remettez-le à sa place en lui rappelant les définitions de postes et les rôles de chacun. Au pire, exigez des consignes écrites.
6. Rester concentré pour travailler en milieu hostile
Collaborer avec l’un de ces trublions est un exercice périlleux. Cela impose une vigilance de tous les instants, une grande maîtrise de soi et une résistance à toute épreuve ! Si vous vous focalisez sur le vent pernicieux qui vous entoure, vous prenez le risque d’être emporté dans une spirale infernale.
Puisqu’un pervers se nourrit de tout ce qui est négatif, concentrez-vous sur des éléments positifs : un nouveau client, une réunion constructive, une avancée dans un dossier complexe, par exemple.
Célébrez chacune de vos petites victoires, car vous risquez d’avoir besoin d’une triple dose de reconnaissance au travail. Devant les attaques et les coups bas, votre unique objectif consiste à réussir le projet qui vous a été confié.
Alimentez votre motivation en jouant sur votre efficacité et prenez du plaisir à mener à bien vos missions. Soyez consciencieux, attachez-vous à respecter les délais, les procédures et présentez un travail de qualité. De cette façon, vous serez mieux armé pour résister à la pression et pour décrédibiliser votre adversaire.
7. Prendre soin de soi et éviter
Exercer une activité aux côtés d’une personne malsaine peut vous conduire à l’épuisement, à la faute, à la dépression. C’est pourquoi vous gagneriez à adopter quelques bonnes habitudes afin de vous assurer des moments de détente et un sommeil réparateur.
Se ressourcer en dehors du travail
Lancez-vous, par exemple, dans une activité créative, loin de la personne toxique, pour cultiver les pensées positives. Profitez des moments de partage avec vos proches. Veillez à avoir une bonne hygiène de vie et adoptez une alimentation équilibrée. Oxygénez votre corps et votre esprit en pratiquant une activité physique (tôt le matin ou au moins 3 ou 4 heures avant le coucher).
Veillez à bien dormir en adoptant des routines saines
C’est encore la meilleure recette pour évacuer les tensions et travailler votre endurance. Enfin, assurez-vous toujours de passer une bonne nuit de repos. Étirements, yoga, lecture, écriture, méditation… À vous de décider quelle sera votre routine du soir.
8. Mettre un terme à la collaboration
Malgré tous vos efforts et les rappels à l’ordre, la situation avec le collègue toxique est devenue intenable ? Le fait de subir durant des mois, voire des années, des caprices et des manipulations ont eu raison de votre ténacité ? Ne laissez personne porter atteinte à votre santé. Protégez-vous, à tout prix ! Vous pouvez vous rapprocher de la médecine du travail pour lui faire part de votre détresse. Celle-ci saura vous écouter, mais son champ d’action reste très limité, car, le plus souvent, elle ne pourra rien contre votre perte de confiance en vous.
Demander l’intervention de sa hiérarchie
Vous pouvez encore envisager de demander l’intervention de votre hiérarchie. Il se peut qu’elle ne soit pas au fait des agissements de votre collègue. Cela vous permettrait également de vous justifier sur vos résultats.
Évaluer les opportunités au sein même de l’entreprise
Avant de vous engager dans l’option ultime de la fuite salutaire, demandez un entretien auprès de votre DRH. Sans vous engager dans la critique négative, inutile de nommer le collègue toxique, parlez à la première personne et laissez entendre que vous seriez disponible pour exercer vos compétences dans un autre service ou secteur. Vous pourriez être surpris. Pour ma part, j’y ai gagné une nouvelle opportunité de carrière, en plus de la sérénité !
Travailler avec un manager ou un collègue toxique est sans doute la pire expérience qui soit. Au-delà de vos capacités professionnelles, c’est votre personnalité qui est mise à mal. Pourtant, cela reste encore un sujet tabou. Prenez la parole et n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !
En bref :
Comment gérer un collègue toxique ?
- Gardez vos distances
- Restez factuel et neutre
- Évitez toute attaque venant de votre part
- Restez impassible aux attaques et provocations
- Posez vos limites en parlant à la première personne
- Exprimez vos besoins
- Référez-vous à votre fiche de poste si elle vous protège
Comment éviter de devenir un collègue toxique soi-même ?
Évitez de critiquer votre entourage, de propager des commérages ou de vous comporter de manière peu collaborative ou négative envers vos collègues. Restez positif et soutenez les autres dans leur travail de façon saine.
Enfin, lorsque vous rencontrez un problème, entretenez une dynamique de résolution de votre problème.
Comment préserver ma santé mentale en travaillant avec des collègues toxiques ?
Prenez soin de vous en dehors du travail en faisant de l’exercice. Pratiquez des activités relaxantes. Détendez-vous et passez du temps avec des gens que vous appréciez tout particulièrement.
Que faire si mon supérieur hiérarchique est le collègue toxique ?
Si votre supérieur hiérarchique est la personne toxique en question, vous pourriez vous sentir désarmé. Des options, cependant, existent. Avant d’aller en parler au service des ressources humaines, s’il y en a, vous pouvez vous référer à votre N+2. Attention, encore une fois, les critiques pourraient se retourner contre vous.
Concentrez-vous sur vos objectifs professionnels, vos besoins et limites. Entourez-vous de personnes de confiance. Traitez le problème avec discrétion et discernement.
Comment savoir si ma collègue est toxique ?
Soyez attentif aux changements d’humeur fréquents et aux comportements manipulateurs ou à la violence verbale. Le collègue toxique utilise également des tactiques de chantage émotionnel ou de déstabilisation. Enfin, un esprit de compétition devient un signal s’il nuit à votre travail.
Comment se comporter avec un collègue toxique ?
Protégez-vous en maintenant vos distances et limitez vos interactions au strict nécessaire. Répondez rationnellement aux provocations, sans montrer d’émotion. Fixez des limites claires, communiquez de façon ferme et neutre. Tenez-vous à votre rôle professionnel. Enfin, concentrez-vous sur vos missions.
Comment remettre en place un collègue de travail ?
Remettre à sa place un collègue toxique n’est pas une bonne idée. Contentez-vous d’établir des limites claires avec calme et assurance. Restez factuel, exprimez vos besoins et préoccupations sans attaquer personnellement. Utilisez des exemples concrets pour soutenir vos arguments et maintenez un ton respectueux et ferme. Informez votre hiérarchie sans émettre de jugement.
Comment se comporter avec une personne toxique au travail ?
Concentrez-vous sur votre travail et évitez de vous laisser entraîner dans des interactions négatives. Limitez vos interactions avec la personne toxique au strict nécessaire. Informez votre hiérarchie de vos limites. Prenez soin de vous en dehors du travail : faites de l’exercice, détendez-vous et passez du temps avec des gens positifs.
Il vous reste des questions ? Posez-les-moi en commentaires et je me ferai un plaisir d’y répondre.
Vous recherchez davantage d’informations sur le sujet ? Les personnes toxiques s’intéressent notamment à votre sentiment de culpabilité. Pour approfondir, vous pourriez lire : Responsabilité versus culpabilité. Vous avez un doute sur une relation ? Pourquoi ne pas passer le test pour détecter une relation toxique ?
Cet article a été rédigé à partir du témoignage de Caroline F.